On vit. Un moment. Puis on s'arrête. On cesse d'exister. On cesse de respirer et on abondonne. On s'efface peu à peu. On s'oublie et on vous oublie. Un instant seulement. Une vie, une année, un jour, et parfois même juste une minute. On baisse les bras. Et on se pose. On éteint la lueur de nos yeux, de nos pensées. On arrête notre coeur. Mais pourtant, on survit. Je pense vraiment qu'on survit. On reprend le cour des choses. Peu à peu. Aussi facilement que l'on s'est arrêté. On continue. On réapprend à respirer, à penser et à ouvrir les yeux. La lueur revient. Je crois qu'elle revient. Je l'espère. Mais au fond de nous, au fond de l'espoir que nous mettons à survivre, il y a toujours cette crainte qui nous traverse l'esprit. Cette peur qui nous obsede, et qui nous rappelle notre mort. La peur de pleurer à nouveau. La peur de mourir une nouvelle fois. La peur de resurvivre. La peur du déjà vu. Peur de recommencer. Alors on ne tente pas cette crainte. On survit juste. On reste à la surface. Sans jamais plonger au fond. On reste où on a pied. Le large, on connaît. On s'est même déjà noyer, alors on ne s'y aventure plus. Mais seulement à vouloir craindre les profondeurs, à vouloir craindre notre passé, on ne vit plus. Jamais. Pour ne plus s'épuiser et cesser de respirer, encore.


